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Nous sommes en pleine première guerre mondiale. Sonetchka, ne trouvant pas de travail, se dit qu’elle n'a peut-être pas suffisamment de talent pour être pianiste et qu'elle ferait peut-être mieux de devenir accompagnatrice. Elle le deviendra alors pour une grande cantatrice, Maria Nikolaevna, issue d'un milieu élevé. Une curieuse relation finira par unir la soprano et son accompagnatrice. Tout d’abord l’admiration et l’amitié, peut-être un peu d’amour puis l’envie, la jalousie et finalement la haine... Ce court roman, admirablement bien écrit avec un charme presque suranné, esquisse sans violence ni drapeaux rouges ce qui sépare à jamais les êtres issus de conditions sociales différentes. Les pensées et émotions de Sonetchka sont très bien retranscrites : « parce qu'elle était unique, et des pareilles à moi il y en avait des milliers, parce que les robes qui l'avaient tellement embellie et qu'on retaillait pour moi ne m'allaient pas, parce qu'elle ne savait pas ce que sont la misère et la honte, parce qu'elle aime et que moi, je ne comprends même pas ce que c'est." Dès lors, c'est un climat malsain qui s'installe dans la narration et qui ne cesse de mettre mal à l'aise le lecteur qui assiste, impuissant, aux tourments de l'esprit de Sonetchka qui cherche à faire payer à Maria son bonheur rayonnant "Et malgré ces sentiments insolubles, elle continuait à rayonner d'une espèce de bonheur constant. Et c'est pour ce bonheur constant que je rêvais de la punir." Un roman court, percutant, écrit comme un journal intime qui explique les rouages psychologiques d’une jeune femme profondément triste et envieuse qui se laisse emporter sur la pente de la jalousie et de la rancœur. Audrey

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