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Clémence nous décrit avec précision son quotidien vu au travers de ses yeux d’enfant, c’est très imagé, très coloré, souvent drôle ; elle y relate les chansons que sa mère lui chante, les teintes du ciel, ses amitiés et ses jeux d’enfants. Les marques d’affection, les rires, les pleurs parfois, les cadeaux, les odeurs de gâteaux, le rire de son père, les délires de sa mère, ses apprentissages de la vie, ses découvertes au contact d’une nature bienveillante. En somme le paradis d’une petite fille qui s’ouvre à la vie. Mais alors pourquoi au détour d'un mot, d'une phrase, cette voix de petite fille se transforme- t-elle soudainement ? Par quelle circonstance inquiétante accède-t-elle soudain à une si fine maturité ? Que s'est-il passé pour que l'innocence se voile ainsi de noir ? Parce qu'on le sait, « le bonheur quand il est là, il faut le serrer dans ses bras et essayer de ne plus le lâcher car parfois l'impensable n'est jamais loin… » Quelque chose de tragique s’est passé l’année de ses huit ans et le bonheur qu’elle croyait inaltérable s’estompe soudain de manière brutale et sans appel. Ce n’est qu’à la fin que le lecteur comprend de quoi il s’agit et c’est alors que le roman prend tout son sens, toute sa richesse. Ce qui donnerait presque envie de le relire car il y aurait ainsi un tout autre niveau de lecture et de conscience. Conscience du temps qui passe, du bonheur qui est là à portée de main et qu’on laisse filer entre ses doigts en toute insouciance. C’est beau, majestueux, tellement riche, tellement fort qu’on se sent happé par la lecture de ce roman nécessaire sur l’enfance et ses illusions, sur ce qui nous créé de l’intérieur pour bâtir et élever les premières pierres de cet édifice que constitue notre être. Entre trouble et éclairs de joie, ce roman explore également le lien fragile et inébranlable qui nous unit à nos proches ainsi que la redoutable force du souvenir. C’est un voyage au cœur de l’enfance, dans un ailleurs qui nous est pourtant si familier, dans ce désir de vivre plus fort que tout, empruntant parfois des chemins qui bifurquent et qui ne préviennent pas… Un roman à la fois saisissant et dérangeant d’où émanent une fraîcheur et une lumière malgré la noirceur apparente. Audrey

Ce roman, écrit dans une langue très simple, est haletant. On suit le cheminement de cette jeune mère qui n’arrive plus à s’en sortir, tiraillée entre l’amour pour son enfant et sa soif de liberté. Ce livre dénonce beaucoup de choses : les failles d’un système, le manque d’aide, d’écoute pour ses mères célibataires, livrées à elles-mêmes qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts. Et les pères dans tout ça ? Où sont-ils ? Etrangement la société ne les juge pas, ils sont absents c’est tout et c’est donc aux mères de prendre le relai et d’être jugées « bonnes ou mauvaises mères » Quand elle se rend sur les réseaux sociaux pour chercher des réponses à ses questions, elle ne trouve que des messages pour la juger ou lui dicter son comportement. Avoir un enfant et ne pas l’assumer ensuite c’est honteux ! Voilà ce qu’elle entend chaque jour. Comment ose- t-elle se plaindre alors que d’autres femmes n’arrivent pas à enfanter ? Parallèlement à ces réflexions sociologiques, ce qui m’a semblé intéressant et qui a permis de donner le rythme à ce récit, c’est que le roman soit entrecoupé d’extraits de « La chèvre de Monsieur Seguin » lorsqu’elle fait la lecture du soir à son fils car Blanquette n’est-elle pas la métaphore de cette jeune maman qui aspirée par son envie de liberté ne se rend plus compte des dangers qui la guettent si elle continue à s’éloigner comme cela ? Une belle découverte. Audrey

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